Dans l'ombre fraîche de son atelier niché au cœur de la médina de Tunis, Maître Hassan manie l'alène avec une précision que seules quarante années de pratique peuvent conférer. Ses mains racontent l'histoire du cuir tunisien.
Les Débuts d'une Passion
« J'ai commencé à l'âge de douze ans, comme apprenti chez mon oncle », raconte Hassan en caressant une peau de vachette d'un brun profond. « À l'époque, tout le quartier résonnait du bruit des marteaux et des ciseaux. Nous étions une trentaine d'ateliers rien que dans cette rue. »
Aujourd'hui, Hassan est l'un des derniers maîtres maroquiniers de la médina. Son atelier, hérité de trois générations, est un trésor vivant de savoir-faire artisanal.
« Chaque peau me parle. Je sens ses forces et ses faiblesses sous mes doigts. Mon travail, c'est de révéler la beauté que la nature y a déposée. »
Un Savoir-Faire Irremplaçable
Maître Hassan peut identifier la qualité d'un cuir rien qu'au toucher. Il coupe chaque pièce à la main, sans patron, guidé par une mémoire gestuelle perfectionnée au fil des décennies. Ses coutures, régulières comme un battement de cœur, sont réalisées au point sellier — la technique la plus noble et la plus durable de la maroquinerie.
CURA, Une Renaissance
Quand l'équipe CURA l'a approché pour collaborer, Hassan a vu une opportunité de transmettre son art. « Les jeunes d'aujourd'hui veulent de la qualité, du vrai. Avec CURA, mon savoir-faire trouve un nouveau souffle. Chaque sac, chaque ceinture que je fabrique, c'est un pont entre le passé et l'avenir. »